Mise à jour le 24 juin 2021
L’équipe du CRPPC est structurée par « axes thématiques » : cette réorganisation d’une Unité qui était autrefois structurée en équipes a été mise en place au début du quinquennat 2016-2020 : la recherche s’est ainsi organisée en cinq axes, qui permettent à chacun de ceux-ci de sérier les paradigmes thématiques qu’ils étudient :
Clinique approche psychodynamique de l'acte, des agirs violents et criminologie clinique

Coordinatrices: Magali RAVIT, Barbara SMANIOTTO
Au cours de ce quinquennat, la recension des travaux du CRPPC autour de l’axe « Corps et acte » nous a permis de différencier les travaux et recherches engageant les corps et les problématiques somatiques dans le champ de la santé et les recherches convoquant le registre des agirs et de la violence dans leur ouverture avec le champ de la criminologie clinique (dialogue pluridisciplinaire entre l’approche psychodynamique et les approches médicales, sociologiques et juridiques de la violence).

Le CRPPC s’est particulièrement intéressé aux formes de langage préverbal et aux expressions de langage psychique qui ne possèdent pas de forme symbolique. Les travaux du CRPPC ont souligné la spécificité de l’acte en tant que langage « non symbolique » et la nécessité de penser sa signification à partir des dispositifs mettant en œuvre le travail de symbolisation.

Cet axe explore plus particulièrement les destins de la destructivité en regard du processus de symbolisation. Il s’agit de prendre en compte la clinique des agirs violents comme mode d’expressions psychopathologiques extrêmes, dans lequel l’agir est une réactualisation de la trace des premières expériences (non subjectivées) de disqualification narcissique et de déqualification subjective. A travers les différentes expressions de l’acte, jusqu’aux actes antisociaux et/ou criminels, se déploient des expériences archaïques qui tentent de se faire re-connaitre en particuliers à travers les destins de la répétition.

Axe clinique du corps et psychodynamique des problématiques de santé ​​​​​​​

Coordonnateurs/trices : Nathalie DUMET, Raphaël MINJARD
L’axe de recherche « Corps et acte » entend développer des travaux de recherches spécifiques sur les enjeux psychiques d’expressions cliniques et psychopathologiques impliquant massivement les registres du corps et de l’acte.
Ces cliniques portent en effet la trace des échanges affectifs et relationnels précoces convoquant l’articulation psyché/soma. Elles traversent donc des enjeux majeurs de la psychopathologie et même de la psychopathologie contemporaine ; elles constituent même certaines de ses formes, particulièrement bruyantes et extrêmes, du mal-être, du désarroi interne, de la souffrance individuelle, relationnelle, familiale et socio-culturelle.

Clinique des liens intersubjectifs 

Coordinateur : Albert CICCONE
L’Axe Clinique des liens intersubjectifs poursuit l’étude de l’intersubjectivité et de ses formations afférentes. Il vise la modélisation et le dégagement des fonctions des formations intersubjectives éclairant ainsi les diverses formes de transmission entre psychés (inter et transgénérationnelle pour la famille, inter et transsubjective pour les groupes et les institutions). Certains objets d’étude privilégiés en découlent : les identifications, les processus transférentiels, la transmission. Les champs d’étude qui permettent d’interroger les liens et la transmission sont la parentalité et la périnatalité, la famille, espace groupal de transmission entre culture et social. Les mutations contemporaines de la famille sont étudiées dans la visée d’un renouvellement des modèles du lien et de la psychopathologie. Les enjeux de l’inter et de la transsubjectivité concernent les transmissions et transformations d’un état, d’une zone, d’une réalité à une autre chez chacun des sujets du lien. Les recherches de doctorants prennent en compte des notions dérivées (inter et transdisciplinarité, spatialité, scénalité) de celles des formes de transmission entre subjectivités.

Clinique du social contemporain

Coordinateurs : Georges GAILLARD, Jean-Marc TALPIN
L’Axe Clinique du social contemporain s’est donné pour objet en 2015, après les relations asymétriques dans les formes du social contemporain portées par ses anciens responsables, le social contemporain et ses effets sur les différents appareillages psychiques - au niveau sociétal, institutionnel, groupal et singulier - d’une part, sur les articulations entre ces différents appareillages d’autre part. Il s’agit donc d’étudier les nouveaux dispositifs groupaux et institutionnels sous l’angle psychanalytique avec pour assise les travaux de l’unité sur le genre, la famille, la filiation, l’institution et les méta-cadres sociétaux. Sa spécificité sera de porter sur l’articulation entre le politique et le psychique à partir de travaux sur l’institution, le vieillissement, la fin de vie, l’humanitaire, la radicalisation politico-religieuse, etc. Cet axe transversal est présent dans le réseau international « Groupe ». La méthodologie est tout particulièrement un de ses enjeux afin de rendre compte de l’interdisciplinarité tout autant que des épistémologies distinctes des disciplines concernées. Cet axe est donc ouvert à des collaborations avec d’autres laboratoires de recherche et institutions.

Évaluation clinique des dispositifs

Coordinateurs/trices : Anne BRUN, Eric JACQUET
L’Axe Évaluation clinique des dispositifs se consacre à la mise en place de critères d’évaluation clinique des dispositifs thérapeutiques au sens large (individuels, institutionnels, à médiations thérapeutiques). Son objectif central est de construire une méthodologie clinique d’évaluation car face à la critique classique de la non-réfutabilité de l’épistémologie psychanalytique, la question d’une évaluation scientifique des thérapies est devenue un enjeu majeur pour les professionnels et les chercheurs. L’objectif est de poser à terme les fondements théoriques d’un abord psychothérapeutique tant individuel, que groupal et institutionnel. Ces recherches se retrouvent dans le Réseau « Recherches sur les Psychothérapies ». Une collaboration internationale à partir de travaux de recension des données disponibles est en cours (Art, créativité et soin).
Quatre principes structurent cette perspective critique : la preuve par la pratique, le non-savoir pré-établi des évaluateurs, la prise en compte de l’intersubjectivité, la dimension politique de l’évaluation. Le second objet de cet axe concerne la construction d’un outil d’évaluation spécifique des processus de symbolisation à partir des logiques du jeu inhérent aux dispositifs de soin psychique, ce au niveau national et international.

Médiations thérapeutiques et approche psychanalytique de la création

Coordinateur : Vincent DI ROCCO
L’Axe Médiations thérapeutiques et approche psychanalytique de la création se consacre aux dispositifs de soin fondamentaux pratiqués principalement en institution à tous les âges de la vie. Ces médiations à support artistique souvent, mais pas seulement, sont répandues. L’objectif est d’étudier à travers elles les processus de création dans la perspective psychanalytique aux différents âges de la vie. Le public concerné est la plupart du temps résistant aux dispositifs de soin traditionnels. La recherche s’organise à partir des mouvements transférentiels, sur le médium, sur le cadre, sur le groupe, etc. et vise à évaluer les processus de symbolisation et la part de travail psychique mobilisée par la sensorialité et la motricité des sujets. Deux objectifs centraux sont poursuivis : fonder une métapsychologie des médiations thérapeutiques d’une part, étudier le modèle du jeu dans les médiations : son pouvoir de communication, cathartique, sensoriel. L’axe prend appui sur les travaux de l’axe « Évaluation clinique des dispositifs » en cela.
Sont mobilisés des savoirs antérieurs construits au sein de l’unité CRPPC sur l’approche psychanalytique du groupe, sur la création et le processus créateur qui sont mis au service de l’étude des médiations thérapeutiques chez des sujets en grande difficulté psychique.