Publié le 12 mars 2026
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Mis à jour le 12 mars 2026
le 13 juin 2026
Campus Berges du Rhône, En co-modal
De 9h à 17h
Doctoriales - 2026
Argument :
Les mythes sont décrits comme des récits narratifs ou allégoriques, donnant forme à des forces primitives, conflictuelles, pour répondre aux questions fondamentales de l’espèce humaine, notamment celle des origines. Sans la structuration par les mythes, des éléments archaïques, irreprésentables, envahiraient la scène psychique, sociale, institutionnelle, laissant aux angoisses sans nom la voie libre à la déliaison. Le mythe suppose un système projectif (Lévi-Strauss, 1958). Il peut être pensé en analogie au rêve, et d’autant plus au fantasme, en ce qu’il mêle processus primaires et processus secondaires (A. Green, 1980).
Pour J. Laplanche (1987), l’être humain est par nature mythisant, auto-mythisant, voire mythifiant. Dans sa fonction introjective (Hachet, 2002), le mythe permet au sujet ou à la communauté de transformer l’irreprésentable en récit, d’intégrer des éprouvés archaïques dans un ordre où vie et mort, union et séparation, création et destruction deviennent pensables. R. Kaës (2017) donne au mythe une fonction d’énonciation des causes entre le chaos et l’organisation, la béance et le socle, l’union et la séparation, “entre puissance du négatif, pouvoir et commandement”.
Quels sont les destins de la pensée mythique dans la clinique contemporaine ? Comment les mythes structurent et sont structurés par les appareils psychiques ? Comment circulent-ils dans les groupes et les subjectivités, comment innervent-ils nos cliniques et nos théories ?
Pour interroger à la fois la clinique, l’institution et les sociétés à travers le prisme du mythe, pour explorer le sens donné à l’origine et la figuration de l’irreprésentable dans nos expériences de jeunes chercheurs, nous proposons ces doctoriales, afin de dialoguer ensemble autour de la manière dont les sujets et les groupes sont amenés à transformer des éléments cryptés en représentations partageables. Dans les groupes, des récits totalitaires et tyranniques s'imposent parfois ; en institution, comme dans les espaces marginalisés, nous rencontrons des contradictions fondamentales entre vie et mort, unifié et morcelé, impuissance et toute-puissance ou, de manière plus secondarisée, héroïsme et malédiction, fraternité et rivalité... Dans les figures de la marge, de la chimère voire du monstrueux, le mythe peut témoigner d’une entrave à métaboliser les expériences traumatiques et les excès d’un environnement primaire empiétant, dévorant, ravageant…
Cette 9e édition des doctoriales interroge la façon dont nos dispositifs, nos cliniques, nos théories convoquent la pensée mythique. Loin d’être des ornements culturels, les mythes apparaissent comme des solutions pour les individus et les groupes, comme des tentatives d’élaboration de la violence sociale contemporaine, de régulation des angoisses et, parfois, d’une aspiration à créer des espaces communs plus souples, moins totalitaires.
Les mythes sont décrits comme des récits narratifs ou allégoriques, donnant forme à des forces primitives, conflictuelles, pour répondre aux questions fondamentales de l’espèce humaine, notamment celle des origines. Sans la structuration par les mythes, des éléments archaïques, irreprésentables, envahiraient la scène psychique, sociale, institutionnelle, laissant aux angoisses sans nom la voie libre à la déliaison. Le mythe suppose un système projectif (Lévi-Strauss, 1958). Il peut être pensé en analogie au rêve, et d’autant plus au fantasme, en ce qu’il mêle processus primaires et processus secondaires (A. Green, 1980).
Pour J. Laplanche (1987), l’être humain est par nature mythisant, auto-mythisant, voire mythifiant. Dans sa fonction introjective (Hachet, 2002), le mythe permet au sujet ou à la communauté de transformer l’irreprésentable en récit, d’intégrer des éprouvés archaïques dans un ordre où vie et mort, union et séparation, création et destruction deviennent pensables. R. Kaës (2017) donne au mythe une fonction d’énonciation des causes entre le chaos et l’organisation, la béance et le socle, l’union et la séparation, “entre puissance du négatif, pouvoir et commandement”.
Quels sont les destins de la pensée mythique dans la clinique contemporaine ? Comment les mythes structurent et sont structurés par les appareils psychiques ? Comment circulent-ils dans les groupes et les subjectivités, comment innervent-ils nos cliniques et nos théories ?
Pour interroger à la fois la clinique, l’institution et les sociétés à travers le prisme du mythe, pour explorer le sens donné à l’origine et la figuration de l’irreprésentable dans nos expériences de jeunes chercheurs, nous proposons ces doctoriales, afin de dialoguer ensemble autour de la manière dont les sujets et les groupes sont amenés à transformer des éléments cryptés en représentations partageables. Dans les groupes, des récits totalitaires et tyranniques s'imposent parfois ; en institution, comme dans les espaces marginalisés, nous rencontrons des contradictions fondamentales entre vie et mort, unifié et morcelé, impuissance et toute-puissance ou, de manière plus secondarisée, héroïsme et malédiction, fraternité et rivalité... Dans les figures de la marge, de la chimère voire du monstrueux, le mythe peut témoigner d’une entrave à métaboliser les expériences traumatiques et les excès d’un environnement primaire empiétant, dévorant, ravageant…
Cette 9e édition des doctoriales interroge la façon dont nos dispositifs, nos cliniques, nos théories convoquent la pensée mythique. Loin d’être des ornements culturels, les mythes apparaissent comme des solutions pour les individus et les groupes, comme des tentatives d’élaboration de la violence sociale contemporaine, de régulation des angoisses et, parfois, d’une aspiration à créer des espaces communs plus souples, moins totalitaires.
| Appel à communication : DATE LIMITE DES PROPOSITIONS : Dimanche 03 mai 2026 - LIMITE DES DIAPORAMAS (SI BESOIN) : Dimanche 31 mai 2026 CONSIGNES AUX INTERVENANTS Les formats et les sujets sont libres. Attention toutefois à prévoir et à respecter le temps de présentation. Aussi, voici quelques informations sur les différents formats et temps et leur équivalent en nombre de signes (document à télécharger au bas de la page) |
Laboratoire Junior en Psychopathologie et Psychologie Clinique (LJPPC)
Le Laboratoire Junior en Psychopathologie et Psychologie Clinique se propose d’accompagner, de promouvoir, de soutenir et d’encourager tout au long de l’aventure de la recherche en Master, de la construction puis de la réalisation de la thèse, les jeunes praticiens-chercheurs. Etudiants en master 1 et 2, professionnels construisant un projet, futurs doctorants, doctorants motivés pour développer des modélisations et réflexions sur les cliniques contemporaines, l’évolution des dispositifs thérapeutiques, du social et des institutions, notamment dans le champ des cliniques de l’extrême, sont concernés.
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Informations pratiques
Lieu(x)
Campus Berges du Rhône, En co-modal
Amphithéâtre Laprade