au 5 décembre 2026
Colloque international Réseau international et interuniversitaire Groupes et liens intersubjectifs
Le dispositif de groupe en psychanalyse a permis à René Kaës d’explorer des dimensions du lien jusqu’alors peu travaillées, étayant — sur le plan méthodologique – la possibilité de penser la société avec l’appui de la psychanalyse. Ses études sur le “Malêtre”, sur l’idéologie et les utopies, constituent des contributions directes à ce champ. Des concepts et notions aussi puissants que ceux d’alliances inconscientes, de méta-cadres et de garants métapsychiques, parmi tant d’autres, apportent des ressources précieuses pour penser les imbrications du psychique avec d’autres ordres de réalité.
Parmi la pluralité des voies possibles pour aborder les transformations et les dérives de notre monde contemporain, nous mettons en avant les problématiques de la transmission, de l’emprise et de la désaliénation. Les dynamiques politiques actuelles rappellent l’époque où Freud écrivait « Psychologie des masses et analyse du moi », sans que ses réflexions – ni celles d’autres auteurs – puissent nous protéger des destructions en cours. Quelque chose a-t-il changé ? Peut-on faire autrement ? Comment les notions d’emprise et de désaliénation peuvent-elles nous aider à saisir et à problématiser les rouages de fonctionnement du lien qui, en plus de façonner la destruction dont nous sommes témoins sur le plan social, se
nourrissent et se répètent dans des formes du quotidien qui ne nous ont jamais quittés, mais ont été invisibilisées.
Les profondes transformations sociales qui nous traversent remettent clairement en cause l’ordre mondial construit dans l’immédiat après-guerre; toutefois la montée en puissance des pays du « Sud global » et la progression des luttes contre les oppressions (antiracistes, déconstructions relatives au genre, etc.), donnent à entendre que, ce qui des périodes antérieures était sédimenté, se remet en mouvement. Si la modernité européenne et la colonisation des Amériques sont les deux faces d’une même dynamique (Mignolo, 2000) et si le capitalisme s’est développé tout à la fois comme dépassement et maintien du système esclavagiste, nous devons aujourd’hui nous confronter au chaos et à l’horreur de ce qui émerge des fissures du méta-cadre social. Comment nous faisons-nous héritiers de ce passé tout en cherchant à un nouveau repositionnement ? Il pourrait y avoir là une opportunité de subvertir la logique de l’emprise par la logique des alliances : alliances entre être humain et nature, entre différentes sociétés et cultures, entre écoles de pensée, etc.
La question de la transmission ne se réduit pas à celle de l’héritage, mais engage un processus conflictuel : ce qui se transmet peut tout autant aliéner que transformer. Les alliances inconscientes décrites par Kaës témoignent de la manière dont se perpétuent, au-delà des sujets, des formations psychiques et sociales qui organisent les liens, parfois à leur insu. Ainsi, la transmission du négatif — des traumas, des impensés, des restes non élaborés — constitue un vecteur majeur de reproduction des logiques d’emprise. Mais elle ouvre également la possibilité d’un travail de désaliénation, dès lors que ces héritages peuvent être reconnus, déplacés et réinscrits dans d’autres configurations de sens et de lien.
À cet endroit la thématique de la transmission psychique se présente de façon précieuse pour caractériser notre réseau et en particulier ce colloque : comment penser nos héritages à travers les prismes de l’emprise et de la désaliénation, que ce soit sur le plan social, institutionnel, groupal ou familial ? Et comment les pensons-nous dans le contexte de la transmission du travail de pensée et de la singularité de la pensée des auteurs ?
René Kaës nous a quittés le 1er février 2026. Il est à l’origine d’un réseau international et interuniversitaire qui lui rend hommage à l’occasion de ce quatrième colloque international. Si son oeuvre nous a amenés à prendre acte d’une “quatrième blessure narcissique” en développant l’idée que l’inconscient lui-même n’appartient pas en propre au sujet, elle nous invite à prendre en compte la dimension institutionnelle et politique (trans-psychique) inhérente à la construction psychique de tout sujet, et aux configurations collectives de liens. Lui rendre hommage équivaut à soutenir un échange scientifique créatif autour de son héritage. Cela permet de maintenir vivant un réseau de recherche qui développe une vision du monde plus proche de Kepler que de Copernic (Kaës 2016).
Nous formulons le souhait que ce quatrième colloque du réseau international interuniversitaire « groupes et liens intersubjectifs » se constitue comme un espace polyphonique, marqué par le désir de penser ensemble et l’espoir d’alliances renouvelées.
- En Espagnol - Coloquio Internacional
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Red Internacional e Interuniversitaria
Grupos y vínculos intersubjetivos
Viernes 4 y sábado 5 de diciembre de 2026
Gran anfiteatro – Palais Hirsch – Universidad Lyon 2
Fundamentación
«Transmisiones, dominación y desalienación. Pensar con René Kaës y algunos otros».
La destrucción obscena y vertiginosa de las formas de vida, de economía y de política a las que nos enfrentamos nos amenaza en los planos material, social y psíquico. La barbarie, que nunca ha dejado de habitarnos, hoy se despliega y se exhibe con orgullo. Las divisiones alimentan los enfrentamientos y socavan formas de solidaridad ya de por sí precarias. ¿Cómo pensamos el mundo que habitamos? ¿Cómo nos pensamos en él? Como ciudadanos, profesionales, universitarios, clínicos de grupo e institución, ¿qué es lo que hoy nos orienta, nos sostiene y nos amenaza?
El dispositivo grupal en psicoanálisis permitió a René Kaës explorar dimensiones del vínculo hasta entonces poco trabajadas, sosteniendo —en el plano metodológico— la posibilidad de pensar la sociedad con el apoyo del psicoanálisis. Sus estudios sobre el “malestar”, sobre la ideología y las utopías, constituyen aportes directos a este campo. Conceptos y nociones tan potentes como los de alianzas inconscientes, metamarcos y garantes metapsíquicos, entre muchos otros, ofrecen recursos valiosos para pensar las imbricaciones de lo psíquico con otros órdenes de realidad.
Entre la pluralidad de vías posibles para abordar las transformaciones y derivas de nuestro mundo contemporáneo, destacamos las problemáticas de la transmisión, la dominación y la desalienación. Las dinámicas políticas actuales recuerdan la época en que Freud escribía Psicología de las masas y análisis del yo, sin que sus reflexiones —ni las de otros autores— puedan protegernos de las destrucciones en curso. ¿Ha cambiado algo? ¿Es posible hacer de otro modo? ¿Cómo pueden las nociones de dominación y desalienación ayudarnos a comprender y problematizar los mecanismos de funcionamiento del vínculo que, además de moldear la destrucción social de la que somos testigos, se alimentan y se repiten en formas cotidianas que nunca nos abandonaron, aunque hayan sido invisibilizadas?
Las profundas transformaciones sociales que nos atraviesan cuestionan claramente el orden mundial construido inmediatamente después de la guerra; sin embargo, el ascenso de los países del “Sur global” y el avance de las luchas contra las opresiones (antirracistas, deconstrucciones relativas al género, etc.) permiten escuchar que aquello que estaba sedimentado en períodos anteriores vuelve a ponerse en movimiento. Si la modernidad europea y la colonización de las Américas son las dos caras de una misma dinámica (Mignolo, 2000), y si el capitalismo se desarrolló simultáneamente como superación y mantenimiento del sistema esclavista, hoy debemos confrontarnos con el caos y el horror que emergen de las fisuras del metamarco social. ¿Cómo nos convertimos en herederos de ese pasado al tiempo que buscamos un nuevo posicionamiento? Puede haber allí una oportunidad para subvertir la lógica de la dominación mediante la lógica de las alianzas: alianzas entre ser humano y naturaleza, entre diferentes sociedades y culturas, entre escuelas de pensamiento, etc.
Appel à communications
Le prochain colloque du réseau international et interuniversitaire Groupes et liens intersubjectifs se tiendra
les vendredi 4 et samedi 5 décembre 2026 sur le campus BDR de Lyon, autour du thème :
« Transmissions, emprise et désaliénation. Penser avec René Kaës et quelques autres ».
Nous avons le plaisir de diffuser cet appel à communications auprès de l’ensemble des collègues et étudiants susceptibles d’être intéressés.
Le colloque se déroulera principalement en français, tout en accueillant également des communications en portugais et en espagnol, dans un esprit d’ouverture et de pluralité linguistique. Les interventions pourront ainsi être présentées en espagnol ou en portugais, sous réserve que les intervenants transmettent une traduction française de leur texte. Par ailleurs, chaque participant est invité, dans la mesure du possible, à partager également une traduction de sa communication dans les deux autres langues. L’organisation veillera à mettre ces documents à disposition des participants.
Les propositions de communication devront comporter un résumé d’environ dix lignes ; quatre références bibliographiques; une brève présentation de l’intervenant. Elles sont attendues avant le 30 juin 2026 à l’adresse suivante :
crppc@univ-lyon2.fr
Les propositions seront examinées avec attention par le comité d’organisation du colloque.
La cuestión de la transmisión no se reduce a la de la herencia, sino que implica un proceso conflictivo: aquello que se transmite puede tanto alienar como transformar. Las alianzas inconscientes descritas por Kaës muestran la manera en que se perpetúan, más allá de los sujetos, formaciones psíquicas y sociales que organizan los vínculos, a veces sin que estos lo sepan. Así, la transmisión de lo negativo —de los traumas, de los impensados, de los restos no elaborados— constituye un vector central de reproducción de las lógicas de dominación. Pero también abre la posibilidad de un trabajo de desalienación, desde el momento en que esos legados pueden ser reconocidos, desplazados y reinscritos en otras configuraciones de sentido y de vínculo.
En este punto, la temática de la transmisión psíquica se presenta de manera especialmente valiosa para caracterizar nuestra red y, en particular, este coloquio: ¿cómo pensar nuestras herencias a través de los prismas de la dominación y la desalienación, ya sea en el plano social, institucional, grupal o familiar? ¿Y cómo pensarlas en el contexto de la transmisión del trabajo de pensamiento y de la singularidad del pensamiento de los autores?
René Kaës falleció el 1 de febrero de 2026. Él está en el origen de una red internacional e interuniversitaria que le rinde homenaje con ocasión de este cuarto coloquio internacional. Si su obra nos llevó a reconocer una “cuarta herida narcisista”, al desarrollar la idea de que el inconsciente mismo no pertenece en propiedad al sujeto, también nos invita a considerar la dimensión institucional y política (transpsíquica) inherente a la construcción psíquica de todo sujeto y a las configuraciones colectivas de vínculos. Rendirle homenaje equivale a sostener un intercambio científico creativo en torno a su legado. Esto permite mantener viva una red de investigación que desarrolla una visión del mundo más cercana a Kepler que a Copérnico (Kaës, 2016).
Formulamos el deseo de que este cuarto coloquio de la red internacional e interuniversitaria “grupos y vínculos intersubjetivos” se constituya como un espacio polifónico, marcado por el deseo de pensar juntos y por la esperanza de alianzas renovadas. - En portugais - Colóquio Internacional
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Rede Internacional e Interuniversitária
Grupos e Vínculos Intersubjetivos
Sexta-feira, 4, e sábado, 5 de dezembro de 2026
Grande Anfiteatro – Palais Hirsch – Universidade Lyon 2
Texto de apresentação
“Transmissões, dominação e desalienação. Pensar com René Kaës e alguns outros.”
A destruição obscena e vertiginosa das formas de vida, de economia e de política com as quais nos confrontamos ameaça-nos nos planos material, social e psíquico. A barbárie, que nunca deixou de nos habitar, hoje se expande e se exibe com orgulho. As clivagens alimentam os confrontos e minam formas de solidariedade já tão precárias. Como pensamos o mundo que habitamos? Como nos pensamos nele? Enquanto cidadãos, profissionais, universitários, clínicos de grupo e de instituição, o que nos orienta, nos sustenta e nos ameaça neste momento?
O dispositivo grupal em psicanálise permitiu a René Kaës explorar dimensões do vínculo até então pouco trabalhadas, sustentando — no plano metodológico — a possibilidade de pensar a sociedade com o apoio da psicanálise. Seus estudos sobre o “mal-estar”, sobre a ideologia e as utopias constituem contribuições diretas para esse campo. Conceitos e noções tão potentes quanto os de alianças inconscientes, metaquadros e garantias metapsíquicas, entre muitos outros, oferecem recursos preciosos para pensar as imbricações do psíquico com outras ordens de realidade.
Entre a pluralidade de caminhos possíveis para abordar as transformações e os desvios do nosso mundo contemporâneo, destacamos as problemáticas da transmissão, da dominação e da desalienação. As dinâmicas políticas atuais remetem à época em que Freud escrevia Psicologia das Massas e Análise do Eu, sem que suas reflexões — nem as de outros autores — possam nos proteger das destruições em curso. Algo mudou? É possível agir de outra maneira? Como as noções de dominação e desalienação podem nos ajudar a apreender e problematizar os mecanismos de funcionamento dos vínculos que, além de moldarem a destruição social da qual somos testemunhas, alimentam-se e se repetem em formas cotidianas que jamais nos deixaram, embora tenham sido invisibilizadas?
As profundas transformações sociais que nos atravessam colocam claramente em questão a ordem mundial construída no imediato pós-guerra; contudo, a ascensão dos países do “Sul global” e o avanço das lutas contra as opressões (antirracistas, desconstruções relativas ao gênero etc.) fazem ouvir que aquilo que estava sedimentado em períodos anteriores volta a se mover. Se a modernidade europeia e a colonização das Américas são as duas faces de uma mesma dinâmica (Mignolo, 2000), e se o capitalismo se desenvolveu simultaneamente como superação e manutenção do sistema escravagista, devemos hoje confrontar-nos com o caos e o horror que emergem das fissuras do metaquadro social. Como nos tornamos herdeiros desse passado ao mesmo tempo em que buscamos um novo reposicionamento? Pode haver aí uma oportunidade de subverter a lógica da dominação pela lógica das alianças: alianças entre ser humano e natureza, entre diferentes sociedades e culturas, entre escolas de pensamento etc.
A questão da transmissão não se reduz à da herança, mas envolve um processo conflitivo: aquilo que se transmite pode tanto alienar quanto transformar. As alianças inconscientes descritas por Kaës testemunham a maneira pela qual formações psíquicas e sociais se perpetuam para além dos sujeitos, organizando os vínculos, por vezes sem que estes o saibam. Assim, a transmissão do negativo — dos traumas, dos impensados, dos restos não elaborados — constitui um vetor central de reprodução das lógicas de dominação. Mas ela abre igualmente a possibilidade de um trabalho de desalienação, desde que esses legados possam ser reconhecidos, deslocados e reinscritos em outras configurações de sentido e de vínculo.
Nesse ponto, a temática da transmissão psíquica apresenta-se de maneira preciosa para caracterizar nossa rede e, em particular, este colóquio: como pensar nossas heranças através dos prismas da dominação e da desalienação, seja no plano social, institucional, grupal ou familiar? E como pensá-las no contexto da transmissão do trabalho de pensamento e da singularidade da obra dos autores?
René Kaës faleceu em 1º de fevereiro de 2026. Ele está na origem de uma rede internacional e interuniversitária que lhe presta homenagem por ocasião deste quarto colóquio internacional. Se sua obra nos levou a reconhecer uma “quarta ferida narcísica”, ao desenvolver a ideia de que o próprio inconsciente não pertence exclusivamente ao sujeito, ela nos convida igualmente a considerar a dimensão institucional e política (transpsíquica) inerente à constituição psíquica de todo sujeito e às configurações coletivas dos vínculos. Prestar-lhe homenagem equivale a sustentar um intercâmbio científico criativo em torno de seu legado. Isso permite manter viva uma rede de pesquisa que desenvolve uma visão de mundo mais próxima de Kepler do que de Copérnico (Kaës, 2016).
Formulamos o desejo de que este quarto colóquio da rede internacional e interuniversitária “grupos e vínculos intersubjetivos” se constitua como um espaço polifônico, marcado pelo desejo de pensar juntos e pela esperança de alianças renovadas.
| cet appel à communications s'adresse à l’ensemble des collègues et étudiants susceptibles d’être intéressés. Le colloque se déroulera principalement en français, tout en accueillant également des communications en portugais et en espagnol, dans un esprit d’ouverture et de pluralité linguistique. Les interventions pourront ainsi être présentées en espagnol ou en portugais, sous réserve que les intervenants transmettent une traduction française de leur texte. Par ailleurs, chaque participant est invité, dans la mesure du possible, à partager également une traduction de sa communication dans les deux autres langues. L’organisation veillera à mettre ces documents à disposition des participants. Les propositions de communication devront comporter un résumé d’environ dix lignes ; quatre références bibliographiques; une brève présentation de l’intervenant. Elles sont attendues avant le 30 juin 2026 à l’adresse suivante : crppc@univ-lyon2.fr Les propositions seront examinées avec attention par le comité scientifique du colloque. |
Les colloques sont ouverts à toute personne intéressée par le sujet. Notez qu'il est nécessaire de s'inscrire via le formulaire en ligne ci-dessous.
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Informations pratiques
Lieu(x)
Campus Berges du Rhône, En co-modal