Publié le 29 avril 2026
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Mis à jour le 29 avril 2026
du 4
au 5 décembre 2026
au 5 décembre 2026
Campus Berges du Rhône, En co-modal
Colloque international Réseau international et interuniversitaire Groupes et liens intersubjectifs
"La destruction obscène et vertigineuse des formes de vie, d’économie et de politique auxquelles nous sommes confrontés nous menace sur les plans matériel, social et psychique. La barbarie, qui n’a jamais cessé de nous habiter, se déploie aujourd’hui et s’exhibe avec fierté. Les clivages alimentent les a@rontements et minent les formes de solidarité déjà si précaires. Comment pensons-nous le monde que nous habitons ? Comment nous pensons nous en lui ? En tant que citoyens, professionnels, universitaires, cliniciens de groupe et d’institution, qu’est-ce qui nous oriente, nous soutient et nous menace en ce moment ?
Le dispositif de groupe en psychanalyse a permis à René Kaës d’explorer des dimensions du lien jusqu’alors peu travaillées, étayant — sur le plan méthodologique – la possibilité de penser la société avec l’appui de la psychanalyse. Ses études sur le “Malêtre”, sur l’idéologie et les utopies, constituent des contributions directes à ce champ. Des concepts et notions aussi puissants que ceux d’alliances inconscientes, de méta-cadres et de garants métapsychiques, parmi tant d’autres, apportent des ressources précieuses pour penser les imbrications du psychique avec d’autres ordres de réalité.
Parmi la pluralité des voies possibles pour aborder les transformations et les dérives de notre monde contemporain, nous mettons en avant les problématiques de la transmission, de l’emprise et de la désaliénation. Les dynamiques politiques actuelles rappellent l’époque où Freud écrivait « Psychologie des masses et analyse du moi », sans que ses réflexions – ni celles d’autres auteurs – puissent nous protéger des destructions en cours. Quelque chose a-t-il changé ? Peut-on faire autrement ? Comment les notions d’emprise et de désaliénation peuvent-elles nous aider à saisir et à problématiser les rouages de fonctionnement du lien qui, en plus de façonner la destruction dont nous sommes témoins sur le plan social, se
nourrissent et se répètent dans des formes du quotidien qui ne nous ont jamais quittés, mais ont été invisibilisées.
Les profondes transformations sociales qui nous traversent remettent clairement en cause l’ordre mondial construit dans l’immédiat après-guerre; toutefois la montée en puissance des pays du « Sud global » et la progression des luttes contre les oppressions (antiracistes, déconstructions relatives au genre, etc.), donnent à entendre que, ce qui des périodes antérieures était sédimenté, se remet en mouvement. Si la modernité européenne et la colonisation des Amériques sont les deux faces d’une même dynamique (Mignolo, 2000) et si le capitalisme s’est développé tout à la fois comme dépassement et maintien du système esclavagiste, nous devons aujourd’hui nous confronter au chaos et à l’horreur de ce qui émerge des fissures du méta-cadre social. Comment nous faisons-nous héritiers de ce passé tout en cherchant à un nouveau repositionnement ? Il pourrait y avoir là une opportunité de subvertir la logique de l’emprise par la logique des alliances : alliances entre être humain et nature, entre différentes sociétés et cultures, entre écoles de pensée, etc.
La question de la transmission ne se réduit pas à celle de l’héritage, mais engage un processus conflictuel : ce qui se transmet peut tout autant aliéner que transformer. Les alliances inconscientes décrites par Kaës témoignent de la manière dont se perpétuent, au-delà des sujets, des formations psychiques et sociales qui organisent les liens, parfois à leur insu. Ainsi, la transmission du négatif — des traumas, des impensés, des restes non élaborés — constitue un vecteur majeur de reproduction des logiques d’emprise. Mais elle ouvre également la possibilité d’un travail de désaliénation, dès lors que ces héritages peuvent être reconnus, déplacés et réinscrits dans d’autres configurations de sens et de lien.
À cet endroit la thématique de la transmission psychique se présente de façon précieuse pour caractériser notre réseau et en particulier ce colloque : comment penser nos héritages à travers les prismes de l’emprise et de la désaliénation, que ce soit sur le plan social, institutionnel, groupal ou familial ? Et comment les pensons-nous dans le contexte de la transmission du travail de pensée et de la singularité de la pensée des auteurs ?
René Kaës nous a quittés le 1er février 2026. Il est à l’origine d’un réseau international et interuniversitaire qui lui rend hommage à l’occasion de ce quatrième colloque international. Si son oeuvre nous a amenés à prendre acte d’une “quatrième blessure narcissique” en développant l’idée que l’inconscient lui-même n’appartient pas en propre au sujet, elle nous invite à prendre en compte la dimension institutionnelle et politique (trans-psychique) inhérente à la construction psychique de tout sujet, et aux configurations collectives de liens. Lui rendre hommage équivaud à soutenir un échange scientifique créatif autour de son héritage. Cela permet de maintenir vivant un réseau de recherche qui développe une vision du monde plus proche de Kepler que de Copernic (Kaës 2016).
Nous formulons le souhait que ce quatrième colloque du réseau international interuniversitaire « groupes et liens intersubjectifs » se constitue comme un espace polyphonique, marqué par le désir de penser ensemble et l’espoir d’alliances renouvelées.
Le dispositif de groupe en psychanalyse a permis à René Kaës d’explorer des dimensions du lien jusqu’alors peu travaillées, étayant — sur le plan méthodologique – la possibilité de penser la société avec l’appui de la psychanalyse. Ses études sur le “Malêtre”, sur l’idéologie et les utopies, constituent des contributions directes à ce champ. Des concepts et notions aussi puissants que ceux d’alliances inconscientes, de méta-cadres et de garants métapsychiques, parmi tant d’autres, apportent des ressources précieuses pour penser les imbrications du psychique avec d’autres ordres de réalité.
Parmi la pluralité des voies possibles pour aborder les transformations et les dérives de notre monde contemporain, nous mettons en avant les problématiques de la transmission, de l’emprise et de la désaliénation. Les dynamiques politiques actuelles rappellent l’époque où Freud écrivait « Psychologie des masses et analyse du moi », sans que ses réflexions – ni celles d’autres auteurs – puissent nous protéger des destructions en cours. Quelque chose a-t-il changé ? Peut-on faire autrement ? Comment les notions d’emprise et de désaliénation peuvent-elles nous aider à saisir et à problématiser les rouages de fonctionnement du lien qui, en plus de façonner la destruction dont nous sommes témoins sur le plan social, se
nourrissent et se répètent dans des formes du quotidien qui ne nous ont jamais quittés, mais ont été invisibilisées.
Les profondes transformations sociales qui nous traversent remettent clairement en cause l’ordre mondial construit dans l’immédiat après-guerre; toutefois la montée en puissance des pays du « Sud global » et la progression des luttes contre les oppressions (antiracistes, déconstructions relatives au genre, etc.), donnent à entendre que, ce qui des périodes antérieures était sédimenté, se remet en mouvement. Si la modernité européenne et la colonisation des Amériques sont les deux faces d’une même dynamique (Mignolo, 2000) et si le capitalisme s’est développé tout à la fois comme dépassement et maintien du système esclavagiste, nous devons aujourd’hui nous confronter au chaos et à l’horreur de ce qui émerge des fissures du méta-cadre social. Comment nous faisons-nous héritiers de ce passé tout en cherchant à un nouveau repositionnement ? Il pourrait y avoir là une opportunité de subvertir la logique de l’emprise par la logique des alliances : alliances entre être humain et nature, entre différentes sociétés et cultures, entre écoles de pensée, etc.
La question de la transmission ne se réduit pas à celle de l’héritage, mais engage un processus conflictuel : ce qui se transmet peut tout autant aliéner que transformer. Les alliances inconscientes décrites par Kaës témoignent de la manière dont se perpétuent, au-delà des sujets, des formations psychiques et sociales qui organisent les liens, parfois à leur insu. Ainsi, la transmission du négatif — des traumas, des impensés, des restes non élaborés — constitue un vecteur majeur de reproduction des logiques d’emprise. Mais elle ouvre également la possibilité d’un travail de désaliénation, dès lors que ces héritages peuvent être reconnus, déplacés et réinscrits dans d’autres configurations de sens et de lien.
À cet endroit la thématique de la transmission psychique se présente de façon précieuse pour caractériser notre réseau et en particulier ce colloque : comment penser nos héritages à travers les prismes de l’emprise et de la désaliénation, que ce soit sur le plan social, institutionnel, groupal ou familial ? Et comment les pensons-nous dans le contexte de la transmission du travail de pensée et de la singularité de la pensée des auteurs ?
René Kaës nous a quittés le 1er février 2026. Il est à l’origine d’un réseau international et interuniversitaire qui lui rend hommage à l’occasion de ce quatrième colloque international. Si son oeuvre nous a amenés à prendre acte d’une “quatrième blessure narcissique” en développant l’idée que l’inconscient lui-même n’appartient pas en propre au sujet, elle nous invite à prendre en compte la dimension institutionnelle et politique (trans-psychique) inhérente à la construction psychique de tout sujet, et aux configurations collectives de liens. Lui rendre hommage équivaud à soutenir un échange scientifique créatif autour de son héritage. Cela permet de maintenir vivant un réseau de recherche qui développe une vision du monde plus proche de Kepler que de Copernic (Kaës 2016).
Nous formulons le souhait que ce quatrième colloque du réseau international interuniversitaire « groupes et liens intersubjectifs » se constitue comme un espace polyphonique, marqué par le désir de penser ensemble et l’espoir d’alliances renouvelées.
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Les colloques sont ouverts à toute personne intéressée par le sujet. Notez qu'il est nécessaire de s'inscrire via le formulaire en ligne ci-dessous.
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Informations pratiques
Lieu(x)
Campus Berges du Rhône, En co-modal
Mode de participation présentiel et distanciel