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Les enjeux de la recherche

 
Les enjeux des recherches menées dans le cadre du CRPPC concernent d’abord un remodelage des paradigmes de la psychopathologie contemporaine, accompagné nécessairement d’une modélisation et évaluation des dispositifs de soin, et conduit selon différentes interfaces avec d’autres champs de recherche. La définition des enjeux des recherches du CRPPC dans le projet reprend nécessairement des aspects du bilan, pour montrer la continuité entre les travaux déjà menés et les projets en cours.
Remodelage des paradigmes de la psychopathologie contemporaine

En ce qui concerne d’abord le remodelage des paradigmes de la psychopathologie contemporaine, les travaux du contrat en cours, par exemple autour de la problématique du négatif, de l’apport de la clinique des bébés à la théorie et à la pratique de la psychanalyse et aux différentes formes de soin psychique, de la modélisation des processus de symbolisation etc. méritent amplement d’être poursuivis, au vu de leur fécondité manifeste dans les publications et leur rayonnement national et international.

L’une des hypothèses de recherche centrales dans la modélisation des problématiques narcissiques-identitaire, actuellement en cours de développement, organisent celles-ci autour de la dialectique entre un pôle mélancolique et l’identification incorporative et un pôle autistique marqué par le désengagement et le retrait. Il s’agit de compléter l’abord classique de ces questions à partir de la « logique de l’objet perdu/à retrouver, par l’exploration des « logiques du sujet perdu » qui mettent en cause des modalités particulières de « déception narcissiques primaires » qui impliquent les réponses des objets primaires aux attentes et préconceptions de l’infans. La déconstruction de ce que les théories du narcissisme premier conservent de solipsiste, c’est-à-dire en quoi elles sont elles-mêmes « narcissiques » est l’opérateur théorique central de l’ouverture vers la clinique du « sujet perdu ».

Dans une direction complémentaire les travaux d’A. Ciccone et d’A. Ferrant sur la honte seront prolongés par la publication prochaine d’un ouvrage sur les thématiques du Vide, de l’absence et du manque.
 

Modélisation (et évaluation) des dispositifs de soin

Le second enjeu des recherches conduites dans le cadre du CRPPC concerne la modélisation et l’évaluation des dispositifs de soin, actuels, classiques ou novateurs, proposés pour prendre en charge ces situations limites de la subjectivité

Les recherches relatives à la modélisation des dispositifs, présentées dans le bilan, ont commencé à s’accompagner de travaux sur l’évaluation de ces dispositifs, recherches en plein essor, qui sont appelées à se développer dans le quadriennal à venir.

Plusieurs chercheurs du CRPPC défendent en effet l’idée qu’il est urgent d’inventer des méthodologies d’évaluation spécifiques à l’approche clinique ; autrement dit, une partie de nos recherches actuelles portent sur l’invention de méthodologies cliniques d’évaluation. Se sont développées ces dernières années des méthodologies d’évaluation des psychothérapies qui ont bénéficié aux thérapies comportementales et cognitives, et défavorisé les cliniciens. Des travaux récents ont montré les limites et les échecs de l’évaluation des psychothérapies, notamment les impasses de la Médecine Fondée sur les Preuves dans le domaine des psychothérapies : c’est un modèle d’application de haut en bas des résultats de la recherche à la clinique, où la pratique est fondée sur la preuve. Actuellement apparaît un nouveau paradigme qui s’avère l’inverse sur précédent, la Preuve fondée sur les pratiques : on part au contraire des pratiques pour dégager la preuve, dans une démarche où la preuve est précisément fondée sur les pratiques, à partir d’études naturalistes.

C’est dans cette perspective que s’inscrit une partie de nos recherches actuelles, relatives à l’élaboration de critères cliniques pour modéliser et évaluer par exemple des cadres dispositifs des médiations thérapeutiques. Les travaux de recherche en France sur l’évaluation, concernent jusqu’à maintenant les psychothérapies individuelles mais l’évaluation de l’impact thérapeutique des dispositifs groupaux à médiation propose par le CRPPC constitue un champ de recherche nouveau.

Il s’agit donc d’inventer et de mettre au point de nouvelles méthodologies d’évaluation, de fonder des systèmes d’évaluations fondées sur l’associativité psychique et/ou le jeu, méthodes intrinsèques aux démarches fondamentales des pratiques cliniques d’orientation psychanalytique.

En ce qui concerne par exemple l’évaluation des dispositifs à médiation dans la clinique de la psychose infantile et des autismes, A. Brun a élaboré en 2010 un tableau synthétique de « repères pour une évaluation clinique » de la médiation picturale en groupe, fondé sur la définition d’une méthodologie clinique d’évaluation, soit la prise en compte de l’associativité psychique et sensorimotrice, et des différentes formes de transfert. La majeure partie des items concerne donc l’observation de l’associativité sensorimotrice, du langage mimogestuopostural, des modalités spécifiques du travail du médiateur et de la dynamique transférentielle (travail publié dans 2 chapitres d’ouvrage).

R. Roussillon a proposé aux instances centrales des associations de psychanalystes internationales, en sa qualité de membre français de la commission recherche de celles-ci (L’Association Internationale de Psychanalyse, et la Fédération Europénne de Psychanalyse) d’explorer la possibilité de fonder des systèmes d’évaluation à partir des modalités d’associativité psychique et/ ou des formes de jeux méthodes intrinsèques aux démarches fondamentales des pratiques cliniques psychanalytiques, le projet est en cours d’examen et d’organisation au sein de ces deux fédérations.

Des contrats sont en cours d’élaboration sur l’évaluation clinique de la psychothérapie institutionnelle (A. Brun, R. Roussillon).

Par ailleurs, un projet de convention avec l’hôpital Saint Jean de Dieu autour de l’évaluation des dispositifs (Evaluation de psychothérapie institutionnelle et de dispositifs à médiation), est en cours de signature. Enfin, une recherche financée par l’hôpital Saint Jean de Dieu sur l’évaluation de l’impact thérapeutique des groupes à médiation sur les autistes adultes a commencé depuis un an et demi.

Un séminaire de recherche mensuel existant depuis deux ans, et co-animé par trois professeurs du CRPPC, est le support de la conception par les doctorants de différents tableaux d’évaluation, relatifs à l’élaboration de critères cliniques pour modéliser et évaluer les cadres dispositifs des médiations thérapeutiques. Plusieurs docteurs et doctorants ont aussi construit, en collaboration avec les professeurs du CRPPC, de tels tableaux d’évaluation de dispositifs : par exemple sur la médiation sensorielle olfactive avec des détenus, sur l’équithérapie avec des enfants autistes, sur le modelage avec des adultes autistes, sur les médiations numériques, sur les groupes thérapeutiques d’écriture avec des patients psychosomatiques.

Un prochain ouvrage relatif à l’invention de modalités cliniques spécifiques d’évaluation des dispositifs, notamment des dispositifs à médiation, intitulé « Évaluation clinique des psychothérapies psychanalytiques. Dispositifs institutionnels et groupaux de médiations thérapeutiques ». est en cours d’élaboration avec la collaboration des doctorants et des jeunes chercheurs évoqués plus haut, est préaccepté aux éditions Dunod pour l’automne 2015 (Dir. P. Attigui, A. Brun, R. Roussillon). Il comprendra aussi trois chapitres de chercheurs notoirement connus dans le champ de l’évaluation, Roger Perron et Bruno Falissard.

L’ensemble de ces travaux fera l’objet de chapitres d’ouvrages collectifs et d’articles, notamment dans des revues internationales en langues étrangères, en particulier en langue anglaise.
 

Interfaces de la psychologie clinique avec d’autres champs

Enfin, le dernier enjeu des recherches du CRPPC concerne la question des interfaces avec d’autres champs de savoir. Une des préoccupations majeures de nos travaux actuels est de ne pas cantonner la clinique et sa théorisation dans le seul champ de la métapsychologie mais d’ouvrir un dialogue épistémologique avec d’autres disciplines, psychologie du développement, anthropologie, droit, ethnologie, éthique, biologie et neurosciences, sociologie et aussi arts plastiques, littérature et philosophie.

En ce qui concerne l’articulation entre neurosciences et psychanalyse, le CRPPC en collaboration avec le Cercle Neurosciences et Psychanalyse (CNEP) continuera à explorer l’articulation des concepts fondamentaux de la psychanalyse avec les recherches en neurosciences, notamment les questions, de l’associativité, de l’après-coup, du transfert, de la mémoire et de la représentation et symbolisation. Plusieurs thèses de doctorat en cours ou soutenues comportent une partie consacrée à l’articulation avec les neurosciences, par exemple une thèse soutenue en 2013 sur les enfants sourds, une autre en 2012 autour des modèles de la mémoire dans les deux champs. Recommandation est faite aux doctorants d’intégrer dans leur revue de question, quand c’est possible, les travaux neuroscientifiques. Il s’agit donc de s’interroger sur les soubassements neurologiques de telles cliniques, et de cerner ce qu’on peut approcher avec une logique d’épistémologie psychanalytique qui tienne compte du « roc du biologique », par exemple dans une thèse en cours sur les cérébrolésés.

Les travaux du CRPPC en interface avec les neurosciences avancent que les découvertes concernant la plasticité neuronale et cérébrale « ouvrent » la question de l’intersubjectivité, de la participation des relations intersubjectives sur la construction même du cerveau et sur sa perpétuelle restructuration. Par ailleurs, actuellement dans les neurosciences, on ne peut plus penser les processus cérébraux sans penser les processus émotionnels, qui se trouvent au centre des travaux des cliniciens.

Le CRPPC continuera donc à travailler avec les chercheurs en neurosciences qui s’intéressent à l’interaction entre Neurosciences cognitives et psychanalyse. Parmi eux, notamment F. ANSERMET (Hôpitaux Universitaires de Genève), P. MAGISTRETTI (Université de Lausanne), Pr Stefan ELLIEZ (Hôpitaux universitaires de Genève), Lisa OUSS (Hôpital Necker ), B. FALISSARD (Maison Solène Paris, et Paris V), Pr B. GOLSE chef de service Hôpital Necker Paris et Paris V,  Pr  N. GEORGIEFF (Lyon1, ITTAC et institut des sciences cognitives).

L’une des directions de recherche sous-jacente au dialogue de notre démarche avec celle des neurosciences repose sur la notion d’une non incompatibilité entre les postulats, principes et processus repérés par la métapsychologie psychanalytique et le fonctionnement neuro biologique. Et ceci même si nous admettons aussi l’existence de différences aussi bien dans les méthodologies de construction et de traitement de l’objet dans les deux démarches. Il doit bien y avoir un niveau où ce dialogue est possible quand les deux démarches portent sur le même objet réel, même si l’objet épistémique est différent.

Si par exemple les méthodes cliniques se fondent sur un fonctionnement « associatif » de la vie psychique on doit pouvoir retrouver dans les travaux de neuroscientifiques des faits qui mettent en évidence la possibilité et la fécondité d’une « associativité » neuronale ou cérébrale. Ou encore si la démarche psychanalytique met en évidence l’importance des processus de réinterprétation « après-coup », on doit pouvoir retrouver dans les travaux des neurosciences la trace des processus qui rendent possibles un tel remaniement des traces premières.

La question de l’interface entre psychanalyse et neurosciences consiste donc à demander aux chercheurs en psychologie clinique du CRPPC d’interroger les travaux des neurosciences qui concernent soit directement leur domaine soit les concepts et processus qu’ils convoquent dans leurs travaux. Il est clair que cette interrogation n’est pas toujours possible ni heuristique selon le degré d’avancée des recherches en neurosciences, mais il est non moins évident qu’il est nécessaire de promouvoir une telle démarche. Elle rentre aussi dans la démarche d’évaluation des modèles cliniques, il est évident que si le chercheur se fonde sur des postulats théoriques incompatibles avec les résultats issus des ponts avancés de la recherche en neuroscience il ne peut pas négliger un tel fait qui implique a minima une discussion. Certains jeunes collègues, à la thèse récente, se sont astreints à cette règle qui, même si elle n’a pas encore gagnée l’intégralité des recherches au sein du CRPPC a beaucoup progressée toute les fois que c’était possible.

Quand ce n’est pas avec les neurosciences que le dialogue peut s’établir, - soit parce que les travaux en neurosciences n’ont pas encore rencontré la question centrale de la recherche, soit parce que les méthodologies actuelles en neurosciences ne permettent pas encore un tel dialogue – il est alors demandé aux chercheurs du CRPPC d’examiner si d’autres champs rencontrant le même objet avec des méthodologies différentes ont pu apporter des résultats pouvant ouvrir le dialogue avec leur démarches propre. C’est par exemple le cas pour les recherches sur l’enfance et la première enfance qui ne peuvent faire complètement fi des travaux en psychologie du développement portant sur l’enfance et la première enfance. Mais c’est aussi le cas des travaux portant sur la précarité et les formes de psychopathologies à forme d’expression « sociale » qui ne peuvent plus faire fi des recherches sociologiques sur ces formes d’expression sociales, ou encore des travaux concernant les pathologies du somatique ou de l’addiction qui ne peuvent ignorer les travaux actuels des biologistes sur des thèmes apparentés.

Globalement ce qui est visé par les recommandations du CRPPC aux recherches conduites en son sein, et bien sûr par excellence lors des thèses en cours, est le souci de croiser et de tenter de faire dialoguer les recherches cliniques avec les travaux issus de champ qui rencontrent leur objet à l’aide d’autres démarches ou méthodologies.

 

En 2011, le Pr Patricia ATTIGUI a été nommée au CRPPC et elle a initié un partenariat avec le Centre Georges Devereux. Le Centre de Recherche en Psychopathologie et Psychologie Clinique a en effet souhaité s’associer aux recherches du Centre Georges Devereux et s’engager, dans le cadre de cette convention de collaboration, dont la responsable est le Pr Patricia ATTIGUI. Elle animera cette convention en adressant en stage certain(e)s étudiant(e)s dans le cadre de leurs recherches doctorales et dirige actuellement la thèse de Mme Nathalie de Timmermann sur ces questions. Des synergies de recherche ont aussi été mises en œuvre avec l’équipe de D. Derivois (CRPPC) qui travaille également dans ce même champ épistémologique.

Depuis sa création, le Centre Georges Devereux a une triple vocation : les soins psychologiques, la recherche et la formation. Il réunit en un même lieu psychologues, enseignants, chercheurs, doctorants et étudiants avancés en psychologie clinique mais provenant également d’autres disciplines (anthropologie, médecine, philosophie…) afin de développer des recherches de haut niveau dans le champ de l’ethnopsychiatrie.

Par ailleurs les travaux relatifs à l’articulation d’approches issues des sciences sociales (notamment l’anthropologie, la sociologie et les sciences de l’éducation), de la psychologie sociale avec la psychologie clinique référée à la métapsychologie psychanalytique, qui constituent une dimension transversale à de nombreux travaux d’enseignants chercheurs au CRPPC, notamment ceux issus de l’ex équipe « Psychosociologie des mutations contemporaines » (P. Mercader, J. P. Durif-Varembont, M. Anaut), se poursuivront autour des thématiques suivantes :

  • la famille, comme lieu de transmission et d’alliance, et notamment les « nouvelles » formes du lien conjugal et parental : familles dites recomposées, mono parentales, nouvelles formes d’accès à la parentalité, (familles de parents homosexuels, adoption …), évolution de la place de l’enfant dans la famille, etc. ;

  • la question de l’identité sexuée et/ou de genre, et aux problématiques liées à la sexualité en général ;

  • les processus par lesquels le lien social se fonde et évolue, tant sous l’angle individuel (temporalité subjective, par exemple) que sous l’angle des catégories sociales et de pensée (problématiques identitaires, liminarités) .

  • Travaux à l’interface du champ du droit et de l’éthique, notamment la question des violences, des transgressions, de l’acte, dans une perspective notamment criminologique, avec en corollaire une interrogation sur la normativité, les champs de la santé et de la justice (M. Ravit, de P. Mercader et de J. P. Durif).

 

L’ANR intitulée Violécogenre (violence, école et genre) : pratiques genrées et violence entre pairs : les enjeux socioéducatifs de la mixité au quotidien en violence scolaire, dont P. Mercader est responsable scientifique et coordinatrice, donnera lieu dans l’année à venir à plusieurs publications issues de l’analyse en cours des résultats. L’ANR Résilience et processus créateur chez les enfants et adolescents haïtiens victimes de catastrophes naturelles dont D. Derivois est responsable scientifique et coordonnateur arrivera à terme en 2014 et de nombreux articles relatifs à cette ANR sont en préparation.


mise à jour le 11 mai 2016


Contacts

Directrice: Anne BRUN, annebrunlyon@orange.fr
Directrice adjointe: Magali RAVIT, magali.ravit@wanadoo.fr
Coordinatrice de recherche: Eliane GASTALDO, eliane.gastaldo@univ-lyon2.fr
Gestionnaire financier: Farida MARTINEZ, farida.matinez@univ-lyon2.fr
Université Lumière Lyon 2