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Médiation thérapeutique et approche de la création

 
Une autre partie des recherches du CRPPC porte sur la conceptualisation d’une métapsychologie des médiations thérapeutiques, anciennes dans l’histoire du soin, notamment dans la psychothérapie psychanalytique des enfants et des psychoses. L’apport novateur du CRPPC consiste à tenter de les modéliser dans une théorisation d’ensemble référée à la théorie psychanalytique et au processus de symbolisation et de proposer une métapsychologie de la médiation, fondée certes sur la métapsychologie freudienne mais aussi sur d’autres types de théorisation dans l’histoire de la psychanalyse. Ces travaux sur les médiations thérapeutiques constituent sur le plan national un des points de repère les plus forts du CRPPC et ils se sont répandus dans de nombreux pays à l’étranger, comme en témoignent les universités étrangères qui travaillent très activement au projet international « Soin, thérapie et médiation », fédéré par notre centre de recherche. Le réseau interuniversitaire international intitulé les médiations thérapeutiques, récemment mis en place, témoigne aussi de l’impact de ces recherches à l’initiative du CRPPC.

Les dispositifs de médiations thérapeutiques mettent particulièrement en jeu les formes de l’associativité affectivo-corporelle. La publication récente d’un Manuel des médiations thérapeutiques, chez Dunod, en 2013, consiste à définir les fondements épistémologiques sous-tendant une pratique des médiations qui puisse être effectivement référée à la métapsychologie psychanalytique. Cet ouvrage, paru en janvier 2013, a été tiré à 1500 exemplaires et déjà réédité en juillet, après six mois, à 800 exemplaires, ce qui témoigne bien de l’impact de nos recherches sur les praticiens. Une des retombées de cette recherche consiste à montrer combien les médiations thérapeutiques dans le champ des cliniques de l’extrême peuvent enrichir la pratique dite traditionnelle, en engageant à prendre en compte dans la cure ou dans la psychothérapie psychanalytique les formes du langage sensorimoteur et de l’associativité affectivo-corporelle, ainsi que la problématique de l’intersubjectivité voire de l’inter-intentionnalité. Les travaux du CRPPC sur les médiations thérapeutiques sont modélisés à l’appui de l’expérience des pathologies graves du narcissisme mais la plupart des propositions avancées concernent l’ensemble du champ des médiations thérapeutiques, destinées aussi à des pathologies moins sévères.

L’ensemble des travaux de recherche portant sur les médiations thérapeutiques, spécificité notoire du CRPPC, pose les fondements d’une métapsychologie de la médiation et du medium malléable. La pratique des médiations à partir de l’utilisation d’un medium malléable suppose en effet une théorie générale de la médiation et de sa place dans le processus de symbolisation, soit une théorie des enjeux mobilisés dans la rencontre clinique à partir de la proposition d’un medium. Ces recherches se fondent sur l’hypothèse que les dispositifs à médiation, référés à la psychothérapie psychanalytique, permettent d’engager des processus de symbolisation spécifiques, par la mise en jeu de la sensorimotricité des patients dans la confrontation à un medium. Le point de départ du processus est la rencontre avec le medium qui amorcera l’émergence de formes primaires de symbolisation, en lien avec les modes de communication primitifs entre le bébé et son environnement, donc au fondement des interrelations avec autrui.

Les travaux des chercheurs du CRPCC ont montré la spécificité de la symbolisation à partir de l’associativité sensorimotrice et du registre gesto-mimo-postural dans les médiations thérapeutiques. En effet, l’intérêt des thérapies à médiation, pour des patients présentant des pathologies narcissiques identitaires, consiste ainsi à prendre la sensori-motricité comme vecteur de symbolisation : le clinicien doit opérer pour ainsi dire une extension de sa capacité d’écoute à la prise en compte du langage sensorimoteur et du registre gesto-mimo-postural, l’investigation porte sur les modalités du passage de ces registres au figurable. C’est cette prise en compte de l’associativité, tant verbale que sensori-motrice, et de la dynamique transférentielle, au fondement de la méthode psychanalytique, qui permet d’inscrire les médiations dans le champ de la psychothérapie psychanalytique. Un des enjeux principaux des médiations thérapeutiques dans ces tableaux cliniques consiste ainsi à pouvoir ainsi faire advenir à la figuration des expériences primitives non symbolisées, d’ordre sensori-affectivo-moteur. Le travail à partir de médiations thérapeutiques permet ainsi de renouveler l’approche de la psychopathologie, notamment des pathologies narcissiques identitaires, et d’éclairer la compréhension des cliniques de l’extrême.

Par ailleurs, les travaux du CRPPC ont développé de façon remarquable la question du médium malléable. Si le concept de médium malléable a montré sa pertinence dans la modélisation des dispositifs à médiation dans les pratiques thérapeutiques, sa pertinence et sa portée ne se limitent pas à ce premier et simple aspect. Il désigne aussi une attitude générale du chercheur aussi bien que du clinicien pour tenter de s’ajuster et d’ajuster aussi bien le dispositif que sa mise en œuvre dans le travail clinique en fonction des singularités des tableaux cliniques rencontrés. C’est le concept qui permet d’appréhender les différents paramètres cliniques qui rendent possibles une prise en compte des sujets humains dans leur singularité. Il tente de répondre à la double contrainte qui pèse sur l’approche clinique : à la fois tenter de produire des énoncés plus ou moins généralisables et en même temps tenter ajuster les modèles et propositions au plus près des sujets singuliers. La ligne de crête ainsi définie par cette double contrainte de la démarche clinique, être « au chevet » d’un fonctionnement psychique singulier et tenter d’en extraire des propositions généralisable, est facilité par une théorisation générale des conditions de possibilité qui rendent possible l’ajustement spécifique visé. Le concept de médium malléable, analysé à partir du relevé des différents paramètres qui constituent la « malléabilité », permet d’appréhender lesquelles de ces conditions sont particulièrement pertinentes dans une situation clinique donnée : c’est le concept qui permet de penser la question des accordages et ajustements de la démarche et de la méthodologie clinique à son objet singulier.

En lien avec ces recherches sur les médiations thérapeutiques, le CRPPC a initié la création d’un réseau international interuniversitaire « Cliniques de la création », dans la continuité de travaux fondateurs de J. Guillaumin sur l’approche psychanalytique de la création. La spécificité scientifique de ce réseau est d’explorer les cliniques de l’extrême et des situations limites de la subjectivité par l’art. Le projet scientifique consiste en une réflexion sur l’interaction entre l’analyse de démarches artistiques ou d’œuvres d’art et la pratique clinique : l’interaction entre art et clinique s’effectue notamment du côté de la prise en compte de la sensorimotricité dans le processus créateur et de la problématique des corps extrêmes, tant dans le champ artistique que dans celui de la clinique. Ce réseau clinique de la création a été le support de 4 ouvrages scientifiques collectifs, ainsi que de nombreux articles dans des revues à comité de lecture qui portent sur l’approche psychanalytique du processus créateur


mise à jour le 19 avril 2016


Contacts

Directrice: Anne BRUN, annebrunlyon@orange.fr
Directrice adjointe: Magali RAVIT, magali.ravit@wanadoo.fr
Coordinatrice de recherche: Eliane GASTALDO, eliane.gastaldo@univ-lyon2.fr
Gestionnaire financier: Farida MARTINEZ, farida.matinez@univ-lyon2.fr
Université Lumière Lyon 2