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Analyse de l’impact des recherches sur les pratiques du social contemporain

 

Analyse de l’impact des recherches sur les pratiques du social contemporain

Les retombées des recherches du CRPPC sur les pratiques du social contemporain concernent l’ensemble des travaux du centre de recherche mais se détachent particulièrement les travaux afférents aux deux ANR du quinquennal, l’ANR Violécogenre et l’ANR Haïti, ainsi qu’une recherche portant sur l’Insémination avec Sperme de Donneurs.

D’abord, en ce qui concerne l’ANR Violécogenre, portée par P. Mercader, sur le plan social ou plus précisément sociétal, le résultat le plus important de recherches réside dans les prises de conscience, la libération de la parole à laquelle conduit généralement une meilleure connaissance, une explicitation et une élucidation de phénomènes frappés de tabou. La diffusion large des résultats de cette ANR constitue déjà un pas dans cette direction. On sait que l’adossement à des résultats scientifiques rigoureux permet une parole publique plus juste, des politiques publiques mieux adaptées, qui ont une puissante portée élaborative et mutative pour tous et toutes.

Cette recherche sur Mixité et violence dans les établissements d’enseignement secondaire comporte des retombées importantes. D’ores et déjà nous utilisons les résultats de notre recherche sous forme d’outils pédagogiques dans des formations auprès de professionnels (enseignants, directeurs de SEGPA), notamment à travers le rectorat : DAFOP. Nous travaillons à un projet avec Eric Debarbieux et Johanna Dagorn de Goïtisolo, Délégation ministérielle chargée de la prévention et de la lutte contre les violences en milieu scolaire, dans l’objectif d’élaborer des outils en direction des enseignants.

Il s’agira en tout cas de rompre avec les tendances actuelles à la banalisation de ces violences, et au contraire de les rendre illégitimes, pour pouvoir construire, en prise sur elles, de véritables pratiques de loi. D’ores et déjà, de façon plus ou moins explicite ou formalisée, des attitudes et des pratiques de prise en compte, de remédiation à ces violences ou de prévention sont mises en œuvre dans les établissements d’enseignement. Cette étude permettra d’en mieux évaluer l’efficacité, avant de formuler des préconisations.

Dans le domaine spécifique de l’environnement culturel des jeunes, on peut envisager les leviers qui pourraient être activés, en matière de jeu vidéo, pour déconstruire les inégalités et construire l'égalité, entre les garçons et les filles, les femmes et les hommes.

Parmi les éléments qui se dégagent en direction des élèves, on notera les activités de médiation et de prévention du type « théâtre forum » qui ouvrent réellement pour les élèves des espaces de symbolisation. Les résultats de l’étude nous orientent plutôt vers une pédagogie de l’équité, permettant la prise de la parole à toutes et tous, favorisant un apprentissage axé sur des modes coopératifs.

Du côté des professionnels, que ce soit dans l’après-coup ou dans les activités dites de prévention, une prise de conscience, une meilleure formation et un accompagnement au long cours (type, par exemple, groupes Balint) seraient nécessaires pour déconstruire la socialisation à la violence de genre, mieux répondre aux passages à l’acte transgressifs et les aider à aider les élèves à subjectiver une identité en crise et une estime de soi fragile. Ils font souvent ce qu’ils peuvent sur le terrain, pris dans les bouleversements de la poussée pulsionnelle post-pubertaire des élèves en pleine adolescence mais aussi dans les tensions propres à l’institution scolaire. Il apparaît clairement qu’eux aussi auraient besoin que s’ouvrent pour eux des espaces de symbolisation.

Dans la recherche sur l’IAD, Insémination avec Sperme de Donneurs, les enjeux éthiques et politiques engagent à la fois les pratiques concrètes et une représentation plus globale de ce qu’est la famille comme institution socialement construite, changeante, et en même temps constitutive du socle identitaire de chacun.

Le débat actuel porte surtout sur la question de l’anonymat des donneurs et oscille entre plusieurs impératifs apparemment contradictoires :

  • Le droit de l’enfant à connaître ses origines. Tout sujet s’origine comme « Je » du désir inconscient de ses parents et de ce qui a circulé de la parole dans la génération, désir qui reste une énigme recouverte par les fantasmes précisément nommés « originaires » dans lesquels vient s’inscrire l’IAD. Reste donc entière la question de la nature des données qui pourraient être transmises.

  • Le droit des donneurs actuels de rester anonymes selon le contrat social qui a encadré leur démarche de don de sperme et qui les protègent d’une recherche en paternité.

Les spécialistes ne sont pas tous d’accord non plus sur la nécessité de maintenir l’anonymat. Certains pensent qu’il peut générer un secret de famille dommageable pour l’enfant et pour la famille, d’autres prônent le maintien de l’anonymat sur l’identité du donneur car il permet de séparer l’imaginaire lié au destin du sperme et la réalité symbolique médiatisée par le juridique de l’engendrement …à l’inverse d’un auteur comme I. Théry (2010, 2014) : pour elle, il vaudrait mieux identifier clairement le donneur en lui donnant un statut langagier qui le mettrait en complémentarité de fonctions psychiques comme cela se produit dans d’autres cas où la filiation ou la parentalité est séparée du biologique (adoption, pluriparentalité, recompositions familiales, homoparentalité par exemple). Nos premiers résultats ne vont pas dans le sens de ces propositions.

Si les pays ont adopté des dispositions législatives différentes, les problèmes psychologiques restent les mêmes et se traduisent par une convergence des pratiques parentales qu’il nous faut interroger. On le voit, l’évolution de la loi ne suffit pas à modifier les pratiques. Il nous faut mieux repérer pas seulement les positions des uns et des autres, ce qu’ont déjà bien fait les différentes enquêtes par questionnaire mais comprendre de façon plus clinique les processus psychologiques qui fondent ces positions, les craintes, les ambivalences et les fantasmes qui y sont enjeux, concernant le don, la paternité, la maternité, la filiation, le couple et la famille, tel est l’objectif de notre projet. Ainsi, notre recherche doit, non seulement aider à des prises de décisions, mais aussi à améliorer l’accompagnement des couples dans leur démarche.

Enfin, l’ANR Résilience et processus créateur chez les enfants et adolescents haïtiens victimes de catastrophes naturelles permet de dégager des pistes pour la conception de dispositifs de soin en santé mentale, dispositifs d’éducation et de dispositifs artistiques et sociaux en Haïti.


mise à jour le 14 décembre 2014


Contacts

Directrice: Anne BRUN, annebrunlyon@orange.fr
Directrice adjointe: Magali RAVIT, magali.ravit@wanadoo.fr
Coordinatrice de recherche: Eliane GASTALDO, eliane.gastaldo@univ-lyon2.fr
Gestionnaire financier: Farida MARTINEZ, farida.matinez@univ-lyon2.fr
Université Lumière Lyon 2