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Axe « Médiations thérapeutiques et approche psychanalytique de la création »

 
Coordonnateurs :
Pr P. Attigui, V. Di Rocco (MCF)

1/ Une approche novatrice : les travaux du CRPPC sont inscrits, de longue date, dans le champ des médiations thérapeutiques et de l’approche psychanalytique de la création. On peut, en la matière, parler de groupe de recherche précurseur, puisque c’est à partir des travaux de « L’école Lyonnaise » que se sont particulièrement développées les recherches cliniques permettant de modéliser des dispositifs thérapeutiques qui faisaient jusque-là défaut face aux organisations psychopathologiques résistantes aux dispositifs thérapeutiques classiques (psychoses, autisme, pathologies limite, névroses graves, psychopathies, pathologies de l’errance…), mais aussi dispositifs fondamentalement adaptables aux différents âges de la vie (de l’enfance, en passant par l’adolescence, jusqu’au grand âge).

2/ Repenser la métapsychologie : ces différents travaux ont permis de définir de nouveaux cadres conceptuels qui, dans une dimension groupale et/ou individuelle, ont aidé sur le plan clinique et de la formation de futurs cliniciens-chercheurs les différentes populations de patients à développer leurs aptitudes ludiques et esthétiques afin d’élaborer le trauma en des termes nouveaux. Les médiations par le jeu qu’elles soient : théâtrale, picturale, utilisant les médiums de l’écriture, de la photographie, ou d’autres médiations comme l’équithérapie, les médiums olfactifs et sensoriels, sont de facto des outils essentiels permettant de repenser la métapsychologie au regard du travail de symbolisation et des transformations de la vie psychique.

3/ Un référentiel psychanalytique : cette réflexion ayant pour fondement épistémologique la psychanalyse, et qui s’organise en tant que « recherche-praticienne » à partir de l’analyse des  mouvements transféro-contre-transférentiels, a pour objectif d’activer les capacités symbolisantes des patients évoqués précédemment.

4/ Le jeu : les travaux des chercheurs du CRPPC s’attachent à analyser le pouvoir de communication symbolique, les effets cathartiques, l’importance de la sensorialité que le jeu (au sens winnicottien)  révèle et produit dans le groupe et/ou individuellement (cf. travaux Bergeret, Guillaumin, Kaës, Roussillon, Brun, Attigui, Ciccone, Ravit, Di Rocco, Guinard, etc …).

5/ Dans cette perspective, c’est en utilisant l’art, la fiction, comme nouvelle peau réparatrice qu’il devient possible d’observer que le cœur même de l’action ludique vient susciter le sujet lui-même dans ce qu’il a d’encore vivant, comme si la médiation et le jeu dont elle se supporte  faisait advenir le sujet porteur de son histoire. La médiation avec son retentissement dans les groupes joue donc comme limite, mais aussi comme peau psychique et constitue à ce titre une enveloppe contenante. L’intérêt de l’approche psychanalytique ne se limite donc pas à la parole, car en élargissant son spectre aux éléments non-verbaux, à toutes ces nuances de la communication, à ces expressions discrètes de contact émanant du corps, les divers éléments issus des pratiques théorisées par les membres du CRPPC permettent  d’approfondir notre connaissance en psychopathologie. Winnicott, Bion, Bowlby, Millner, Stern, Haag, pour ne citer qu’eux, se sont aussi intéressés concrètement à ces phénomènes de communications sensorielles, cherchant à préciser et à définir, chacun à sa manière, ce que Stern appelle l’enveloppe protonarrative. Resituer le contexte clinique et social prend ici toute son importance, notamment pour les populations de patients précarisés qui sont aussi l’objet d’une attention toute particulière. Les recherches du CRPPC permettent de mettre en évidence que même pour des sujets relégués aux confins du socius, les médiations thérapeutiques fondées sur le jeu et la créativité ont le pouvoir de leur révéler des émotions esthétiques souvent inaccessibles. Si l’on considère que ces populations sont en proie à de grandes difficultés à reconnaître l’existence d’une vie fantasmatique, ayant vécu pour la plupart une sorte de cataclysme du lien psychique et social, il devient possible de comprendre pourquoi certains êtres sont dépossédés  de leurs potentialités créatives, au point de voir disparaître toute possibilité de mener une vie riche de signification et qui vaille la peine d’être vécue. Les travaux des membres du CRPPC visent à comprendre l’impact joué par les médiations  comme une sorte d’accélérateur toujours à l’interface du psychique et du social.

6/ Prendre la mesure de ce qui se dépose dans les groupes et leur psyché :  l’approche groupale et l’analyse des transferts latéraux tels qu’ils se déploient à l’intérieur des groupes orientent les travaux des chercheurs du CRPPC vers l’aire des phénomènes culturels, notamment parce que les dispositifs traditionnels de soin qui recourent à la verbalisation et au processus de symbolisation secondaire apparaissent comme de peu de secours. Il nous a donc fallu trouver une autre voie, ou plus précisément un autre langage où le corps et l’acte s’expriment selon de nouvelles modalités, permettant aux pensées de pouvoir se penser afin de construire un espace potentiel. Engagés dans ce que le CRPPC appelle les cliniques de l’extrême, ses EC sont conscients de la nécessité de poursuivre leurs recherches sur la mise en œuvre de dispositifs cadres, contribuant à amorcer ou relancer les  processus psychiques visant la symbolisation et les capacités de transformation. Ils se sont donc illustrés par de nombreuses publications (cf. rapport d’activité) où le rôle joué par le médium malléable (Marion Millner) s’est avéré très précieux. En prêtant et son corps, et sa psyché, en se faisant bonne pâte (comme le dit R. Roussillon au sujet du médium malléable), le thérapeute autorise que les représentants psychiques maintenus cachés, et « non seulement inconscients, mais inertes, improductifs, coupés des sources pulsionnelles comme de l’accès aux processus de symbolisation » (ANZIEU, D, 1981, Le corps de l’œuvre), puissent enfin se révéler et être décontaminés de leur toxicité potentielle. Tel est ici l’objectif théorico-clinique que se donne l’équipe du CRPPC.

7/ Approche psychanalytique de la création : la nécessité d'injecter du "culturel" au sens noble du terme a également conduit les membres du laboratoire à travailler dans une perspective clinique les grandes oeuvres artistiques, non pour y déployer une psychanalyse appliquée, mais pour en comprendre les enjeux inconscients permettant aux cliniciens d’affronter les cliniques d’aujourd’hui. Dans cet esprit, la littérature, la peinture, le théâtre, Le cinéma s’avèrent des médiums majeurs.

8/ Évaluation des dispositifs à médiations : plusieurs membres du CRPPC (Attigui, Brun, Chouvier, etc…) ont élaboré une méthodologie clinique d’évaluation des dispositifs à médiation.Un séminaire se tient depuis déjà 2 années pour y fédérer les travaux de jeunes étudiants inscrits en thèse et M2R. Ces travaux seront, pour les plus aboutis, publiés dans un ouvrage chez Dunod à la rentrée 2015.

mise à jour le 28 avril 2016


Contacts

Directrice: Anne BRUN, annebrunlyon@orange.fr
Directrice adjointe: Magali RAVIT, magali.ravit@wanadoo.fr
Coordinatrice de recherche: Eliane GASTALDO, eliane.gastaldo@univ-lyon2.fr
Gestionnaire financier: Farida MARTINEZ, farida.matinez@univ-lyon2.fr
Université Lumière Lyon 2