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Axe « Clinique du corps et de l’acte »

 
Coordonnatrices :
Pr N. Dumet, M. Ravit (MCF/HDR)

L’axe de recherche « Corps et acte » entend développer des travaux de recherches spécifiques sur les enjeux psychiques d’expressions cliniques et psychopathologiques impliquant massivement les registres du corps et de l’acte.

Ces cliniques portent en effet la trace des échanges affectifs et relationnels précoces convoquant l’articulation psyché/soma. Elles traversent donc des enjeux majeurs de la psychopathologie et même de la psychopathologie contemporaine ; elles constituent même certaines de ses formes, particulièrement bruyantes et extrêmes, du mal-être, du désarroi interne, de la souffrance individuelle, relationnelle, familiale et socio-culturelle.

La puissance expressive du passage par le corps ou du passage par l’acte se décline dans la complexité, qu’il s’agisse de conversions somatiques (allant des formes les plus signifiantes dans lesquelles l’affect s’est fait corps aux formes d’enkystement somatique plus archaïques sous-tendues par des affects ravageurs tout autant que par des impasses et trouées dans l’activité psychoaffective) ou d’agirs comportementaux (allant des formes elles-aussi les plus signifiantes à des versions de décharge pulsionnelle massive) ;  « les corps en acte » (P. Roman, N. Dumet, 2009) tentent de saisir ce qui, chez le sujet voire dans sa relation à l’environnement, s’avère limité, perdu, impossible, impensable via les processus de symbolisation psychiques et verbaux.

L’un des fondements de l’axe « Corps et acte » est donc de fédérer et de rassembler l’ensemble des travaux du CRPPC autour des questions posées par la psychopathologie des troubles identitaires et narcissiques qui se logent dans une « habitation corporo-somatique » du symptôme et/ou une externalisation dans le comportement de l’activité psychique comme de vécus subjectifs en deçà du psychique (voire vécus pré-psychiques et non psychiques) telles qu’on les rencontre dans les agirs parfois les plus violents (autodestructeurs comme hétérodestructeurs).

Au sein de cet axe, il s’agit de pouvoir dégager plus précisément les divers processus à l’œuvre dans ces types de souffrances, des souffrances bien souvent innommables car la plupart du temps peu reconnues comme telles par le sujet voire parfois par le Socius et souffrances échappant in fine à toute dimension signifiante intégrée tant dans une logique subjective que dans une logique intersubjective. L’objectif majeur de ces travaux et perspectives de recherche consiste donc à pouvoir proposer des modèles conceptuels nouveaux sinon un remodelage conceptuel de théorisations jusqu’alors en vigueur s’avérant limitées au regard de la diversité et de la complexité de ces cliniques contemporaines du corps et de l’acte comme voie de régulations des enjeux tant narcissiques, pulsionnels que relationnels. Dans cette perspective théorique, il s’agit de considérer et dégager comment le corps affecté, attaqué, malade et/ou l’acte sont lieu et/ou action émergeant à l’endroit d’un vécu subjectif peu formalisable (pensable, représentable), peu adressable ni partageable. Dans la continuité, à partir de ces nouvelles mises en perspectives destinées à mieux comprendre les modalités d’expressions corporelles (et) actantes, un second objectif de ces recherches consiste à pouvoir construire des dispositifs d’accompagnement et de soin (et de relations soignantes) adaptés aux sujets selon les différents âges de la vie qui mobilisent différentiellement les processus de pensée, d’expression émotionnelle et de régulation pulsionnelle.

 

Les recherches s’étendront spécifiquement autour :

1/ des cliniques du corps malade, affecté, infecté (allant des troubles dits psychosomatiques aux phénomènes douloureux, aux troubles somatiques graves et aux maladies évolutives à caractère létal ; sans oublier les vicissitudes et dégradations physiques liées aux situations de précarité, d’incurie et de traumatismes physiques et environnementaux) ;

2/ des troubles du comportement engageant  peu ou prou l’autoconservation du sujet (troubles du sommeil ; troubles alimentaires, depuis l’orthorexie contemporaine aux formes d’anorexie grave, aux conduites boulimiques et hyperphagiques ; addictions ; scarifications et automutilations) ;

3/ des agirs comportementaux à caractère violent et même destructeur de l’autre (violences sexuelles, criminalité, infanticide, etc.) ;

4/ des liens et voies de passage, d’alternance mais aussi d’exclusion entre ces différentes cliniques du corps en acte, constituant autant de modalités différentielles de régulation pulsionnelle et affective individuelle autant que relationnelle ;

 5/ de l’expression somatique tant du clinicien/soignant que du patient, survenant dans la rencontre thérapeutique  et les processus transféro-contre-transférentiels ;

6/ du rôle du corps et de la mobilisation sensori-motrice dans les activités de création et de médiation artistique ;

7/ des dispositifs de prise en charge individuelle ou groupale (psychodrame, photolangage, médiations corporelles, médiations thérapeutiques, jeu…) organisés autour de l’expression agie et des potentialités expressives du corps.


mise à jour le 28 avril 2016


Contacts

Directrice: Anne BRUN, annebrunlyon@orange.fr
Directrice adjointe: Magali RAVIT, magali.ravit@wanadoo.fr
Coordinatrice de recherche: Eliane GASTALDO, eliane.gastaldo@univ-lyon2.fr
Gestionnaire financier: Farida MARTINEZ, farida.matinez@univ-lyon2.fr
Université Lumière Lyon 2